Cotation NGAP infirmiers : AMI, AIS, BSI et majorations

AMI, AIS, BSI, majorations, indemnités de déplacement : le guide de cotation NGAP pour les infirmiers libéraux, pour facturer juste et éviter les rejets.

Par Angèle 8 min de lecture

Pour un infirmier libéral, la cotation NGAP est le nerf de la guerre : une lettre clé oubliée ou une majoration mal appliquée, et c'est une partie de votre rémunération qui s'envole. Ce guide pratique fait le point sur les lettres clés AMI, AIS et BSI, leurs coefficients et les majorations à ne jamais oublier.

En 30 secondes

  • Un acte infirmier se cote toujours une lettre clé + un coefficient (exemple : AMI 1,5).
  • AMI = acte technique. AIS = séance de soins. BSI = forfait dépendance, qui a remplacé l'AIS 3 / AIS 4.
  • Le BSI se facture sous forme de forfait journalier : BSA, BSB ou BSC selon la lourdeur de la prise en charge.
  • Quand un patient au BSI a aussi besoin d'un acte technique le même jour, on cote en AMX.
  • Les majorations (MAU, MCI, nuit, dimanche) et les déplacements (IFD + IK) sont la première cause de sous-facturation.

La NGAP, le cadre de la facturation infirmière

La NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels) est le référentiel qui code les actes des auxiliaires médicaux. Pour savoir quand elle s'applique plutôt que la CCAM, consultez notre article sur la différence entre CCAM et NGAP.

Chaque acte infirmier se code avec une lettre clé + un coefficient qui en détermine la valeur. La lettre clé dit quel type d'acte vous avez réalisé, le coefficient dit combien il pèse. Les deux ensemble, multipliés par la valeur de la lettre clé fixée par la convention, donnent le montant facturé.

C'est cette mécanique en deux temps qui explique la plupart des erreurs : la bonne lettre clé avec le mauvais coefficient produit une facture qui part, qui est payée, et qui vous fait perdre de l'argent sans jamais déclencher d'alerte.

Les lettres clés de l'infirmier libéral

Lettre clé Type d'acte Exemple
AMI Acte médico-infirmier technique Pansement, injection, perfusion
AIS Acte infirmier de soins Séance de soins (historiquement dépendance)
BSI Bilan de Soins Infirmiers Forfait pour patient dépendant (remplace l'AIS pour la dépendance)
AMX Combinaison BSI + AMI le même jour Patient dépendant nécessitant aussi un acte technique

Depuis 2020, le BSI a progressivement remplacé l'AIS 3 / AIS 4 pour la prise en charge des patients dépendants. C'est une source fréquente d'erreurs de cotation.

La cotation AMI : les actes techniques

L'AMI couvre tout ce qui relève du geste technique : pansements simples ou lourds, injections, perfusions, prélèvements, surveillance de dispositifs, soins post-opératoires.

Le coefficient varie selon l'acte, et c'est là que se joue la justesse de la facturation : un même mot du langage courant ("un pansement") recouvre plusieurs cotations différentes selon la nature de la plaie, sa surface et la technicité du soin. Deux réflexes valent mieux qu'une estimation :

  • Reprendre la description exacte de l'acte dans le titre XVI de la nomenclature plutôt que sa désignation courante.
  • Vérifier le coefficient à chaque évolution du protocole de soin : un pansement qui se complexifie en cours de traitement change de cotation.

La cotation AIS et le cas de l'AIS 4

L'AIS cote la séance de soins infirmiers. Historiquement, l'AIS 3 et l'AIS 4 servaient à facturer la prise en charge des patients dépendants, à la séance.

Ce n'est plus le schéma en vigueur pour la dépendance : le BSI l'a remplacé. Si vous cherchez encore comment coter un AIS 4 pour un patient dépendant, c'est le signe que le dossier doit basculer sur un bilan de soins infirmiers. L'AIS conserve en revanche son usage pour les séances qui ne relèvent pas du dispositif BSI.

C'est l'une des confusions les plus coûteuses du moment : on continue à coter à la séance ce qui devrait l'être au forfait, ou l'inverse.

Le BSI et ses forfaits : BSA, BSB, BSC

Le Bilan de Soins Infirmiers n'est pas une cotation à l'acte mais une évaluation de la charge en soins du patient dépendant, réalisée par l'infirmier et transmise à l'Assurance Maladie. Cette évaluation détermine ensuite un forfait journalier :

Forfait Charge en soins
BSA Prise en charge légère
BSB Prise en charge intermédiaire
BSC Prise en charge lourde

Deux points de vigilance reviennent systématiquement :

  • Le forfait suit le patient, pas la visite. Il se facture par journée de prise en charge, quel que soit le nombre de passages.
  • Le bilan doit être réévalué quand l'état du patient change. Un patient dont la dépendance s'aggrave et qui reste au BSA, c'est de la sous-facturation qui dure des mois.

Les majorations à ne jamais oublier

Les majorations sont la première cause de sous-facturation chez les IDEL : un acte bien coté mais sans sa majoration, c'est de l'argent laissé sur la table. Ces oublis font partie des erreurs de cotation qui coûtent 2 à 4 % du CA des IDEL.

  • MAU : majoration pour acte unique, lorsqu'un seul acte est réalisé au cours du déplacement.
  • MCI : majoration de coordination infirmier, pour certaines prises en charge complexes (soins palliatifs, pansements lourds notamment).
  • Majoration de nuit : pour les actes réalisés la nuit, avec un montant renforcé sur la plage la plus tardive.
  • Majoration dimanche et jours fériés.
  • IFD (Indemnité Forfaitaire de Déplacement) et IK (Indemnités Kilométriques) : à facturer pour chaque déplacement au domicile du patient.

Aucune de ces majorations n'est automatique. Si elle n'est pas saisie, personne ne vous la réclamera.

Les règles de cumul

C'est là que se concentrent la plupart des rejets :

  1. Règle de l'acte le plus cher à taux plein : lorsque plusieurs actes sont réalisés dans la même séance, le second est souvent coté à 50 %.
  2. Actes non cumulables : certains soins ne peuvent pas être facturés ensemble.
  3. BSI et AMI : cumul possible sous conditions (cotation AMX).

Cumuler BSI et AMI : la cotation AMX

Le cas revient tous les jours : un patient suivi au BSI a besoin, le même jour, d'un acte technique sans rapport avec sa dépendance : une injection, un pansement sur une plaie nouvelle.

Le forfait BSI ne disparaît pas et l'acte technique n'est pas offert : c'est la cotation AMX qui permet de facturer les deux. L'erreur classique consiste à ne coter que le forfait, en considérant que "le patient est déjà au BSI", et à travailler gratuitement.

L'inverse existe aussi : coter un AMX pour un acte qui fait en réalité partie intégrante du plan de soins du bilan. Là, c'est un rejet ou un indu.

Une cotation incohérente avec ces règles entraîne un rejet quasi automatique. Le détail des motifs de rejet et leur traitement est expliqué dans notre guide des rejets de factures IDEL.

Exemple concret

Situation : pansement lourd au domicile d'un patient, un dimanche, à 12 km du cabinet.

Cotation :

  • AMI (pansement lourd) au coefficient adapté
  • Majoration dimanche
  • IFD + IK (12 km)

Oublier l'IFD et les IK sur ce seul déplacement, c'est perdre quelques euros - multipliés par des centaines de visites par mois, l'addition devient significative.

Les 5 erreurs de cotation les plus fréquentes

  1. Coter un AIS 4 pour un patient qui relève du BSI. Le dispositif a changé, la facturation doit suivre.
  2. Oublier l'IFD et les IK sur une tournée à domicile, visite après visite.
  3. Ne pas réévaluer le BSI quand la dépendance du patient s'aggrave.
  4. Ne coter que le forfait quand un acte technique justifiait un AMX.
  5. Appliquer le coefficient de mémoire au lieu de reprendre la description exacte de l'acte dans la nomenclature.

Les quatre premières vous font perdre de l'argent en silence. La cinquième vous expose à un indu.

FAQ

Quelle est la différence entre AMI et AIS ? L'AMI cote les actes techniques (pansements, injections), l'AIS les séances de soins. Pour la dépendance, l'AIS a laissé place au BSI.

Qu'est-ce que le BSI en facturation infirmière ? Le Bilan de Soins Infirmiers est un forfait journalier pour les patients dépendants, qui a remplacé la cotation à l'acte AIS.

Que sont les forfaits BSA, BSB et BSC ? Ce sont les trois niveaux de forfait journalier du BSI, du plus léger au plus lourd, déterminés par l'évaluation de la charge en soins du patient.

Peut-on cumuler un BSI et un AMI le même jour ? Oui, sous conditions, via la cotation AMX, lorsque l'acte technique ne fait pas partie du plan de soins couvert par le bilan.

L'AIS 4 existe-t-il encore ? Pour la prise en charge de la dépendance, il a été remplacé par le BSI. L'AIS reste utilisé pour les séances qui ne relèvent pas de ce dispositif.

Peut-on facturer un déplacement à chaque visite ? Oui, via l'IFD et les indemnités kilométriques, dès lors que le soin est réalisé au domicile du patient.

Sécurisez vos cotations

Les règles NGAP évoluent et les majorations sont nombreuses : une vérification systématique avant télétransmission évite la sous-facturation comme les rejets. C'est précisément le rôle d'une assistante spécialisée en facturation infirmière.

Votre gestion administrative vous prend trop de temps ? On peut en discuter 15 minutes, sans engagement, pour identifier les pistes concrètes qui vous feraient gagner du temps et de la trésorerie.

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À propos de l'auteure

Angèle

Secrétaire de facturation indépendante depuis plus de 2 ans, au service des infirmiers libéraux, des sages-femmes, des médecins et des officines. J'aide mes clients à reprendre la main sur leur trésorerie et à libérer du temps pour leur cœur de métier.